Lettre à...

            Chaque semaine, une nouvelle Lettre à...
Lettre à... Performance d'écriture de Jean-Pierre Auger dans le cadre du salon littéraire "Livre en herbes 2012".
Pour donner envie et faire rêver, pour éveiller l'imaginaire sur des thèmes déposés...
Lectures faites en clôture du salon, conjointement par la Médiathèque et la Cie Encima.

Lettre A... Belle maman - Proposition à ne pas Venir dimanche. Belle maman, C’est pas que je vous aime pas. Mais il y a un peu de ça. Un peu, je vous aime pas. Ya beaucoup de ça. Entre un peu et beaucoup. Il y a un peu – beaucoup de jours. Où je ne suis pas là. Là où vous pourriez être – lorsque je suis ailleurs. Par exemple lundi mardi mercredi jeudi et même vendredi jusqu’au point des six heures où je pourrai entrer là où vous n’êtes plus. Mais pourquoi Diable vous entêter à être là, le jour et l’heure où je suis là… m’aimez-vous tant que çà ? Moi qui ne vous aime pas et qui pourrait pourtant vous aimer un peu plus en pleurant votre absence tous ces prochains dimanche.

Lettre A... Alain sur le thème du  troisième âge. Cher Alain, l’âge, le troisième et après ? Mais bien sûr le quatrième ! et au point non final où l’on est, on peut penser au cinquième… puis au sixième, septième. Et au rythme, à la vitesse où vont progrès, médecine, science dans 3000 ans, dans quelle étAgère, à quel étAge nous rangeront-ils ?
Lettre A... Romain sur le thème « Le chat a disparu ».
Cherche dans le jardin - Cherche dans la poubelle, sous les lits, dans les armoires, dans la rue - Le chat a disparu - Cherche dans la machine, à laver, à sécher le linge et la vaisselle, et dans les détritus - Le chat a disparu - Cherche dans la cité, cherche dans le quartier, sur l’asphalte luisant, sur le pavé glissant, Oh la pluie tombe drue ! - Le chat a disparu - Puis cherche sur la lune, tout autour du soleil, dans la vie qui sommeille et tape sur la gamelle pour réveiller tout ça fais-toi doux,  fais-toi belle, coule une goutte de miel au creux de ton poignet et ça y est… le chat est retrouvé !

Lettre A... Pour grand-mère, sur le thème du Grenier.
Il est des lieux sacrés, qui longtemps ne cessent de vous caresser ; lorsque vous les avez visités… ils vous habitent à jamais.
Le jour de son 90ème anniversaire, Grand-mère ouvre devant moi, la porte de l’armoire vide au bout du couloir.
D’une pression du doigt, elle fait céder le fond qui s’ouvre sur un escalier étroit… elle m’invite à grimper les marches grinçantes vers une trappe qui s’ouvre vers le haut, pour révéler une petite pièce propre, entretenue, tout en état…  « En état de quoi, grand-mère ? » « En état de vivre, petit !».
Un grenier, un grenier aménagé, un lieu feutré, calfeutré, construit pour protéger de la folie de certains hommes.

« J’y ai vécu 4 ans. J’avais 15 ans.
Et cet escalier n’a chanté que sous le poids des pas amis. » « Comment n’es-tu pas devenu folle, grand-mère ? » « J’avais un projet… et quand tout s’assombrissait, il me restait cette ouverture vers le ciel, le vasistas d’où mon regard constatait sur la ville et les plaines, toujours les mêmes grands jeux tristes des hommes ».
« Oui, mais ton projet grand-mère ? »
« Ah, mon projet ! Eh bien, à 15 ans, j’ai décidé que je deviendrais ta Grand-mère. »

Lettre A... Pour l’Homme, sur le thème De l’autre côté.

Silhouette devinée sur la rive opposée et dont le cri pourtant traverse l’étendue, la frontière des mers pour enfin se poser sur les lèvres charnues d’une belle inconnue qui tisse les ruisseaux qui tressent les grands fleuves qui embrassent à leur tour les larges estuaires amoureux de la mer. De l’autre côté De l’Homme, le baiser.


Lettre à... Benoît sur le thème de l'alcoolisme.

« Plus tard, quoique vous écriviez sur moi, faites que ce ne soit pas triste »
Quoiqu’il en soit, quoiqu’il arrive, pour l’instant mes nuits sont magnétiques.
Cette nuit, cette amante qui m’aimante – je suis parti me balader en ville la rejoindre… jusqu’au port.
Je regarde la mer – un point au loin… c’est tout.
Je regarde le ciel – un point trop loin…  c’est tout.
Je regarde la terre – deux points en moins… glissement de terrain.
Parfois il y a une tornade contre laquelle il faut se blottir.
Ne vous inquiétez pas, pour l’instant je suis la sentinelle en haut du phare… et je vois venir la tempête.
Il va bientôt pleuvoir des roses… qui se faneront aussitôt.
Eh ! Je vous l’ai demandé ! n’écrivez rien de triste sur moi.
Dites simplement que mon grand bateau roule des hanches… roule des hanches…
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